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Le monde du silence menacé par le bruit des hommes

Dernière mise à jour le mercredi 7 décembre 2011

Article paru sur le site "Métro France" - Lundi 5 Décembre 2011
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Le monde du silence menacé par le bruit des hommes

L’homme serait-il en train de détruire certaines espèces sous-marines en créant une pollution sonore ? C’est ce que craignent certains scientifiques.

Le commandant Cousteau l’appelait "le monde du silence". Mais le trafic maritime, la prospection pétrolière, les sous-marins, les parcs éoliens offshore... sont venus rompre la tranquillité du monde bleu. En moins de cinquante ans, l’intensité sonore y a augmenté de 20 décibels. Avec des conséquences sans précédent pour la faune sous-marine. "Le son est à la base des communications des cétacés, c’est ce qui leur permet de percevoir leur environnement, explique à l’AFP Mark Simmonds, responsable scientifique de la Société pour la conservation des dauphins et des baleines (WDCS), en marge d’une récente conférence internationale sur les espèces migratrices à Bergen (Norvège). Entendre est aussi important pour eux que voir l’est pour nous".

Un problème moins anodin qu’il n’y paraît, ces nuisances sonores perturbant l’aptitude des cétacés - habituellement capables de communiquer à des dizaines de kilomètres entre eux - à s’orienter et plus inquiétant, à se nourrir et à se reproduire. Un simple trafic de petits bateaux naviguant à faible allure en eaux peu profondes peut réduire de 26% la portée des sons émis par les grands dauphins et de 58% dans le cas des baleines pilotes.

Pour le représentant des ONG Ocean Care et NRDC, Nicolas Entrup, interrogé par l’AFP sur le sujet, la mer est en passe de devenir ce qu’une discothèque est à l’homme, "un endroit où on peut rester un instant mais où l’on ne pourrait pas vivre". Une pollution sonore qui sévit particulièrement dans l’Arctique où le recul de la banquise laisse place à l’empreinte bruyante de l’homme avec les nouvelles routes maritimes et la prospection pétrolière grandissante entre autres. Le béluga, un mammifère marin migrateur extrêmement sensible au bruit, que l’on retrouve dans le Grand Nord canadien, est également menacé.

"Nous ne savons tout simplement pas comment certaines espèces vont s’adapter ni même si elles vont s’adapter tout court", avertit M. Simmonds. Des scientifiques tirent la sonnette d’alarme : le bruit des hommes pourrait être fatal à l’espèce animale. Les baleines qui s’échouent en masse dans les zones où se tiennent des exercices militaires en est le meilleur exemple.

Le danger viendrait également de la construction de champs toujours plus vastes d’éoliennes. La technique d’installation consiste à enfoncer au fond de l’océan à l’aide d’un marteau hydraulique qui servira de support à leur fondation. Une technique qui dégage 250 décibels l’équivalent d’une dose mortelle pour les mammifères marins. Un procédé auquel s’ajoutent le bruit des bateaux assurant la maintenance, la pose de câbles, l’élargissement des infrastructures portuaires...

"Le tableau est sombre mais maintenant, on a les connaissances et la méthodologie pour remédier à certains problèmes", résume à l’AFP Michel André, du Laboratoire d’applications bioacoustiques de l’université de Barcelone, qui coordonne le projet Lido visant à cartographier les sons des fonds marins. Et de citer en exemple le bruit des bateaux qu’il est facile de réduire : "La preuve, les militaires savent déjà le faire".



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