Cookie Consent by PrivacyPolicies.com

Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Les algues vertes moins présentes en Bretagne en 2010

Les algues vertes moins présentes en Bretagne en 2010

Dernière mise à jour le mardi 31 août 2010

Article paru sur le site "Le Monde.fr" - Jeudi 26 Août 2010
Visualiser l’article original



Les algues vertes moins présentes en Bretagne en 2010

Un an après la visite express du premier ministre François Fillon sur les plages du département, les Côtes-d’Armor gardent l’œil sur leurs rivages et constatent qu’après trois années de fortes marées, le phénomène des algues vertes connaît une sensible réduction en 2010.

Ce n’est évidemment pas ce déplacement ministériel, ni sans doute les moyens financiers (700 000 euros) débloqués dans le cadre d’un plan jugé insuffisant par les élus locaux, qui sont à l’origine de cette miraculeuse régression, mais plutôt la météo.

Un hiver long et rigoureux a fait chuter la température de l’eau de mer à moins de 10 °C. "Ce climat agité a entraîné une importante dispersion des algues résiduelles au large", explique Sylvain Ballu, du Centre d’études et de valorisation des algues (CEVA) de Pleubian, organisme qui, depuis 2002, compte parmi ses missions le suivi des marées vertes sur les rivages bretons.

"D’importants ramassages sur les plages durant l’année 2009 et des débits de cours d’eau, qui charrient les nutriments [pour partie d’origine agricole], plus faibles que les années passées, sont deux autres facteurs importants de cette réduction des marées vertes", constate-t-il.

AMÉLIORATION PONCTUELLE

Ces diminutions ont été nettes en baie de Saint-Brieuc, où se concentre en règle générale la moitié des surfaces bretonnes touchées par ces marées. Même constat à l’est, sur la baie de la Fresnaye, entre Saint-Cast et Fréhel. A l’ouest, à Saint-Michel-en-Grève, où l’algue verte avait fait une apparition précoce en avril – on en a retiré près de 25 000 m3 depuis le début de l’année –, la régression a été forte pendant l’été. A tel point que des tests de ramassage prévus par la communauté d’agglomération Lannion-Trégor ont dû être annulés, faute d’échouages assez importants sur les plages.

Inaugurée en juillet par Bruno Lemaire, le ministre de l’agriculture, et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, la toute nouvelle unité de traitement de Lantic (5 millions d’euros d’investissement, dont 80 % de crédit d’Etat), s’est retrouvée en sous-activité en raison de cette régression des algues.

"Elle a été prévue pour une capacité de traitement de 25 000 tonnes, or il n’en est pour l’instant arrivé que 4 000", dit Thierry Burlot, conseiller régional (PS) et président du syndicat intercommunal de traitement, qui évalue "aujourd’hui à 100 000 euros le coût des moyens investis et sous-utilisés". Il n’a pas été nécessaire de faire appel aux sites de stockages prévus dans le département.

S’il se félicite de cette "sensible diminution du phénomène, pour partie due à des conditions météorologiques particulières", Thierry Burlot entend rester prudent. Selon lui, "il convient, au vu de la situation, de réfléchir à une amélioration du système de prévision des marées vertes".

Le conseiller régional plaide "pour la mise en place d’un programme de recherche européen permettant davantage d’anticipation et de meilleurs repérages en mer".

Il espère également que cette "amélioration ponctuelle" n’entraînera pas "un relâchement de l’effort entrepris par le monde agricole". L’objectif de 15 milligrammes de nitrate par litre dans l’eau des rivières bretonnes, visé par le plan de prévention des algues vertes, est, selon lui, "encore loin d’être atteint".

Patrick Le Nen



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP