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Les pêcheurs ont repris la mer pour renflouer les caisses [Vidéo]

Dernière mise à jour le dimanche 26 avril 2020

Article paru sur le site " :"
- 25 Avril 2020 Article
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Au Guilvinec (29), les marins-pêcheurs ont presque tous repris la mer. Les trésoreries sont au plus mal. Il faut re-gagner sa croûte, mais les restaurants et les cantines scolaires du pays sont toujours fermés. L’offre étant bien plus forte que la demande, inexorablement, les prix s’effondrent. Et les poissonniers souffrent aussi..
À mesure que les chalutiers rentrent, un à un, au port du Guilvinec, en ce jeudi après-midi, la brume monte par l’ouest et remplace progressivement le soleil éclatant de la matinée. Déjà, sous la criée, on s’agite. Mais en silence et avec un masque. Il est désormais loin, le temps où le crieur criait et agitait son boulier pour le tirage au sort. Après un coup d’arrêt au début du confinement, les bateaux ont presque tous repris la mer. Une petite vingtaine de côtiers sont attendus pour la vente du soir. Éric Monfort accoste le Bérénice II. Avec son fils, ils déchargent la marchandise, de la langoustine surtout. Visage grave buriné par les embruns, il constate : « C’est de pire en pire ». Logique mathématique, quand peu de bateaux sortaient, les cours restaient corrects malgré la baisse de la demande. Maintenant que l’offre est plus forte, les prix dégringolent. « Il n’y a plus de prix plancher. L’organisation qui compense ne peut plus. Donc, on a toujours peur de pas pouvoir vendre quand on arrive au port. Il n’y a que la langoustine qui me sauve », dit-il.
Bar, turbot, Saint-Pierre à la peine

En effet, ce sont surtout les poissons nobles, les espèces de luxe, d’habitude prisées par les grands restaurants, qui font les frais de la situation. Le bar se vend dix euros le kilo. La sole aussi. Le turbot douze, le Saint-Pierre sept. « Il y a un vrai manque à gagner. Toutes les grosses tailles de poisson ont du mal à se vendre, ou alors à des prix très faibles car il n’y a pas de clientèle en face », explique Tual Olivier, mareyeur de Loctudy (29). « Actuellement, nous travaillons avec 25 % de notre clientèle habituelle. Manquent les restaurateurs, qui représentent un gros volume, mais aussi les marchés européens », regrette-t-il.
Armateur basé à Lesconil (29), Julien Le Brun, qui possède cinq chalutiers côtiers, est d’humeur maussade. « Jusqu’à vendredi dernier, ça allait mais cette semaine, les prix ont nettement chuté », déplore-t-il. À ses côtés, sur le quai du port du Guilvinec, Jean-Baptiste Goulard, patron des hauturiers Pax-Vobis et Copelia, est un peu plus bavard. « Il n’y a pas assez de demande, c’est tout. Il n’y a presque plus de ventes le matin car il n’y a pas de marché pour les gros volumes ».

« Quitte à crever, autant essayer quelque chose. »

Cette situation est-elle financièrement viable ? « Non, mais c’est mieux que rien. Un bateau le long du quai, c’est de toute façon moins bien qu’en mer », affirme-t-il. « Pour mettre nos gars au chômage partiel, nous devons faire l’avance avec la trésorerie de notre entreprise. L’argent de l’État, on connaît, on l’aura dans deux ans ! Personnellement, je pense que si je fais trois mois d’avance sur ma trésorerie, je dépose le bilan », s’inquiète le marin. Les patrons pêcheurs attendent avec impatience la réouverture des cantines scolaires et des restaurants, mais ne se font guère d’illusions. « Ça ne va pas redémarrer comme ça. Il faut le temps que le consommateur reprenne sa vie d’avant. Si on retrouve un équilibre à la fin de l’année, ça sera déjà bien », dit-il. Inlassablement, comme les autres, Jean-Baptiste Goulard continue à prendre la mer, malgré tout. « Quitte à crever, autant essayer quelque chose. Au moins si ça ne marche pas, on ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir essayé ».


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