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Maladie des tellines. Un parasite mystérieux

Dernière mise à jour le mercredi 15 mai 2013

Article paru
sur le site "Le Télégramme" - 14 Mai 2013
Visualiser l’article original


Depuis l’apparition en 2010 d’une nouvelle maladie, la petite pêcherie de tellines du Finistère est déstabilisée. Nous avons interrogé un chercheur d’Ifremer sur l’origine de ce parasite dont l’apparition pose bien des questions.

Jeudi 2 mai, ils sont sept, à 14 h 30, alors que le sable se découvre peu à peu, à sortir leurs dragues à roulettes. Il fait beau. Le ciel se colore des voiles des kitesurfers. Les telliniers attaquent leur journée. Sans trop d’illusions. Dix, 20, 30 kg peut-être : l’objectif des quatre ou cinq heures de travail n’est pas gras. « De toute façon, en baie d’Audierne, il n’y a plus rien », commente l’un d’eux. Une maladie décime depuis deux ans les stocks de tellines, laissant désemparée et sur la paille la petite trentaine de professionnels finistériens.

Alertés en 2010

Tristan Renault, responsable de l’Unité Santé, génétique et microbiologie des Mollusques à la station d’Ifremer de La Tremblade, fait le point. « Nous avons été sollicités par les services de l’État pour des mortalités sur les flions (*) en baie d’Audierne et de Douarnenez, mais aussi à Quiberon et sur l’île d’Oléron dès 2010, puis en 2011, explique le chercheur. Les niveaux de mortalités étaient très importants, de 50 à 80 %. Suite aux analyses, nous avons mis en évidence un parasite protozoaire (formé juste d’une cellule), identifié comme appartenant à un groupe de mikrocytos que l’on connaît déjà chez certains coquillages dans le monde. Mais il n’était pas totalement identique à celui déjà décrit ailleurs. On pourrait être devant une espèce nouvellement décrite ». La seconde étape pour les scientifiques a été de voir s’il y avait une association entre ce parasite et les mortalités. « Il y a en effet une suspicion de cause à effet », dit Tristan Renault. « Les gisements sont touchés de manière très globale avec un effondrement des stocks, un très grand nombre d’individus atteints plutôt en fin de printemps. En 2011, en baie d’Audierne, il y a eu une mortalité importante en mai, puis ensuite une réduction de la mortalité et du taux de détection du virus, jusqu’à atteindre 0 % en juillet ».

Quelle origine ?

Restait à traquer l’origine du parasite. « Nous avons pu travailler sur la cause primaire de la mortalité, mais la compréhension de l’émergence de ce parasite spécifique à la telline est difficile ». « Nous avons comparé le parasite avec un autre connu au Canada et aux USA. Ce n’était pas le même. Donc l’origine n’est pas à chercher dans un transfert de coquillage ». On pense logiquement à une pollution. « Depuis des années, nous travaillons sur les interactions entre pollutions et sensibilité aux agents infectieux, ajoute Tristan Renault. Sur ce parasite, il n’y a pas de travaux réalisés, mais nous avons des travaux sur l’huître creuse. On a constaté qu’un contact préalable avec des pesticides rendait les animaux plus sensibles aux infections bactériennes en condition de laboratoire. Dans l’environnement, il est très complexe de définir et démêler les effets des différents paramètres : température, salinité, polluants... ».

Quelle évolution ?

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