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Mer. 230.000 espèces recensées

Dernière mise à jour le mercredi 4 août 2010

Le Télégramme.com - Mardi 03 Août 2010



Mer. 230.000 espèces recensées

Crustacés et mollusques sont les espèces dominantes des mers tandis que l’Australie et le Japon ont les eaux les plus richement peuplées : telles sont quelques unes des découvertes de l’immense projet de Recensement de la vie marine publié hier.

Les travaux de nomenclature scientifique des espèces marines, dont les premières conclusions ont été rendues publiques, hier, dans un rapport intitulé « Qui vit dans la mer ? », occupent depuis dix ans 360 scientifiques à travers les océans. « Je me sens comme Diderot et les encyclopédistes », jubile Jesse Ausubel, co-fondateur du projet Census of Marine Life qui, en octobre2011, publiera ses travaux définitifs sur la biodiversité marine avec quelque 230.000espèces répertoriées. « C’est comme si nous publiions les premiers volumes de l’Encyclopédie. C’est une pierre blanche dans l’organisation du savoir sur la vie marine », affirme ce scientifique. Le projet, d’un coût de 650millions de dollars sur une décennie, est financé par plusieurs pays et des organisations philanthropiques. « Nous avons fait des découvertes, appris de nouvelles choses. Que la Méditerranée, par exemple, est le centre du monde pour les immigrés », note cet expert en parlant des espèces du règne marin. Avec l’accélération du trafic maritime au XIXesiècle et l’ouverture du Canal de Suez, la Méditerranée est le carrefour de multiples espèces « étrangères » (600 en tout), arrivant surtout de la mer Rouge.

L’est asiatique très riche

Les régions d’Australie et du Japon, où respectivement 80% et 70% des espèces n’ont pas encore été décrites, se révèlent de loin les plus riches en biodiversité avec quelque 33.000 espèces marines chacune, suivies par des régions de Chine, la Méditerranée et le golfe du Mexique. Ces deux dernières régions sont aussi les plus menacées par la surpêche, la destruction de l’habitat et la pollution. L’Indonésie et les Philippines sont encore en cours d’étude mais promettent de rivaliser avec l’Australie en terme de richesse marine. Les savants du Census of Marine Life ont eu l’occasion d’étudier la région du golfe du Mexique juste avant la marée noire, en avril2010. « On est très tristes à propos de cette marée noire mais on est content d’avoir pu faire une bonne description des espèces vivantes avant la catastrophe », note Jesse Ausubel.

La Méditerranée menacée

La Méditerranée est l’une des plus étudiées au monde. Et pourtant, alors que « les évaluations précédentes faisaient état de 8.000 à 12.000 espèces ». Le Recensement de la vie marine en répertorie désormais 17.000. Et bien d’autres restent à découvrir. Une riche biodiversité exposée à de nombreuses menaces, plus fortes en Méditerranée qu’ailleurs. L’explication ? Son histoire - une région habitée depuis des millénaires -, et sa géographie - une mer quasiment fermée -. Les mammifères marins, comme les cachalots et les dauphins, ont déjà payé un lourd tribut. Et certaines espèces emblématiques, comme le phoque moine de Méditerranée, ont quasiment disparu. Parmi la liste de menaces, « la dégradation et la perte de l’habitat est la plus répandue aujourd’hui », écrivent les experts, citant comme causes « le développement des côtes » du bassin méditerranéen ou encore la pollution. La surpêche est la seconde menace pour la biodiversité, et devrait croître encore dans les dix prochaines années. Mais la particularité de la Méditerranée est la présence particulièrement importante d’espèces invasives, « un facteur crucial qui va continuer à modifier la biodiversité ».

Les océans mieux connus

Globalement, un cinquième de toutes les espèces marines connues sont des crustacés (pour 19%), arrivant devant les mollusques (17%), qui comptent les pieuvres, et loin devant la famille des poissons (12%, y compris les requins). Les algues constituent 10% des espèces, tandis que les anémones et les méduses représentent 5%. Parmi les poissons, le poisson-vipère à la gueule hypertrophiée et aux dents acérées, est finalement « le monsieur tout le monde des eaux profondes », l’hôte le plus fréquent des zones abyssales (au-delà de 2.000 m), puisqu’on le retrouve dans un quart de ces régions. Tout au long de ces travaux, les savants, qui ont écumé les bibliothèques locales, les données scientifiques des pays, les bases de données mais qui ont aussi plongé dans les fonds marins et exploré les côtes, ne cessent de découvrir de nouvelles espèces. « À la fin du projet de recensement, la plupart des organismes des océans vont encore demeurer sans nom », affirme la biologiste Nancy Knowlton, spécialiste des barrières de corail. « Dans les Caraïbes », renchérit Patricia Miloslavich, de l’Université Simon Bolivar du Venezuela, « on pensait connaître très bien les poissons. Ce n’est pas le cas. On a découvert plusieurs espèces au cours des deux dernières années et on en découvre chaque année ». Et de conclure : « L’âge de l’exploration ne fait que commencer ».



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