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Mer d’Iroise. Le bar fait ce qu’il lui plaît

Dernière mise à jour le mercredi 18 mai 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Mercredi 18 Mai 2011
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Mer d’Iroise. Le bar fait ce qu’il lui plaît

Le bar est une espèce encore assez méconnue. Une étude menée par Ifremer et le Parcmarin d’Iroise donne des résultats inédits. Et prouve que le bar est un drôle d’oiseau !

Tous les pêcheurs vous le diront : pêcher un bar procure tout à la fois jouissance et respect pour ce beau combattant. Mais de toute évidence, ce poisson noble, emblématique de la Bretagne, mérite aussi de la considération pour son mode de vie indépendant et hyperactif. Parfois en banc mais souvent solitaire, capable de parcourir plusieurs dizaines de milles en une journée, de plonger soudain à 80 mètres de profondeur, de partir aussi bien vers le nord que vers le sud, bref de faire ce qu’il lui plaît. Et pas seulement en mai.

Une balise dans l’abdomen

Le bar n’est pas une espèce sous quota de la Communauté européenne. Il ne fait donc pas l’objet d’un suivi aussi rigoureux que d’autres poissons et son comportement est encore assez mystérieux. On en sait désormais un peu plus grâce à l’opération lancée par le Parc marin d’Iroise et Ifremer, avec la mise en oeuvre d’un marquage électronique digne d’une salle d’opération de l’hôpital de La Cavale Blanche. Le poisson est pêché en mer, aussitôt anesthésié avec assistance respiratoire par un tuyau, incisé au niveau de l’abdomen où on introduit une petite balise électronique, recousu, marqué extérieurement et remis à l’eau. En reprenant ses esprits, il se dit probablement qu’il a dû manger quelque chose qui n’est pas bien passé et retourne à ses occupations, sans savoir que sa vie privée ne le sera plus tout à fait.

Suivi 24h sur 24

En septembre dernier, une centaine de bars ont ainsi été marqués dans le Parc marin (coût:300€ par spécimen) pour deux types d’observation. L’une par télémétrie acoustique a permis de suivre des bars en temps réel, 24heures sur 24. Un bateau les suivait et enregistrait tous leurs déplacements, y compris en profondeur. L’autre s’est faite de manière bien plus aléatoire puisque c’est sur la bonne volonté de pêcheurs que reposait la réussite. À eux de renvoyer la petite balise au service d’Ifremer. Cette seconde opération n’est pas quantitativement probante puisque deux balises seulement sont actuellement revenues. Mais les résultats sont surprenants : l’un des bars a été pêché dans le Golfe de Gascogne, l’autre à Omaha Beach, l’une des plages du débarquement en Normandie. Le grand écart pour deux bars pêchés et relâchés au même endroit, en mer d’Iroise.

Une sous-population sédentaire ?

Cette opération ne constitue que la première phase d’une mission d’observation qui va s’étaler dans le temps pour mieux connaître l’espèce et proposer d’éventuelles mesures pour endiguer la décroissance des effectifs, enregistrée depuis quelques années. À ce stade, les scientifiques d’Ifremer et du Parc marin (Hélène de Pontual, Claire Laspougeas et Mickaël Drogou) ne tirent encore que quelques certitudes : le bar déploie une importante activité, vit à proximité de la surface (0 à 10 mètres) mais plonge très souvent de façon brusque, sans que l’on sache avec exactitude si cet exercice est fait pour chasser ou chercher des courants. Les trois scientifiques ont acquis une autre certitude : les bars apprécient particulièrement la mer d’Iroise et peuvent y séjourner plusieurs mois. Au point que la question se pose : n’existe-t-il pas une sous-population sédentaire fixée en mer d’Iroise ? La suite de ces observations devrait apporter d’autres réponses, notamment sur les frayères, qui serviront de point d’ancrage au plan de gestion du Parcmarin.

René Perez



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