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Momarsat aux Açores. De l’info par 1.700m de fond

Dernière mise à jour le jeudi 4 août 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Dimanche 10 Juillet 2011
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Momarsat aux Açores. De l’info par 1.700m de fond

Une équipe de scientifiques est en train de la récupérer une station d’observation installée par 1.700m de fond au large des Açores.

Avec 75 personnes à bord, dont une trentaine de scientifiques, « Le Pourquoi Pas ? » et le robot Victor 6000 repassent dans leurs traces : le site Lucky Strike, un champ hydrothermal situé sur la dorsale médio-Atlantique. Dans ce milieu où la température des fluides émis peut atteindre 330º, il y a de la vie, et même une drôle de vie... En octobre dernier, la campagne Momarsat 2010 y a installé une station et l’a laissée. L’exercice était nouveau, la connaissance des champs hydrothermaux étant surtout le fruit de campagnes hauturières, avec des navires, sur des durées assez courtes. Et alors qu’une campagne s’intéresse souvent à un domaine, plusieurs disciplines sont ici impliquées, au même moment, sur un même problème : mieux comprendre comment fonctionne ce milieu. Pierre-Marie Sarradin, chimiste, Josée Sarrazin, écologue benthique, et Jérôme Blandin, ingénieur en observatoires fonds de mer, tous trois d’Ifremer-Brest et qui ont embarqué, en sont une des illustrations. Mathilde Cannat, chef de mission, de l’Institut de Physique du Globe de Paris, est, pour sa part, géophysicienne. « Construire et installer un tel observatoire fond de mer c’est, par analogie, comparable à une station sur un volcan terrestre », résume-t-elle.

Certains prototypes

Une partie de l’instrumentation déployée relève de prototypes. La station compte deux noeuds d’énergie, disposés à 600m de distance l’un de l’autre. Le noeud Ouest, dans un ancien lac de lave, est dédié à la géophysique. Le noeud Est, sur un édifice hydrothermal qui tient un peu de la Tour Eiffel, mais à 11m seulement de haut, est davantage tourné vers l’écologie et la chimie. Certaines données ont été récupérées par une bouée reliée au fond mais qui flotte à la surface de l’eau, et transmises, via satellite, au centre Ifremer-Brest. L’existence, par exemple, de plusieurs séismes par jour a été constatée. Une image quotidienne a permis de voir l’évolution d’une mouillère, la vie autour, ou encore la croissance d’une petite cheminée de cinq centimètres en un mois.

Année supplémentaire

La station a aussi stocké nombre de données. Des dysfontionnements ont eu lieu également. La mission, jusqu’au 23juillet, va récupérer l’ensemble des instruments, des données, réparer, changer éventuellement et redéployer le tout au fond, pour une nouvelle année, la connaissance s’enrichissant dans la durée. Momarsat fait partie d’un programme plus large d’observation « fond de mer » en Europe (Esonet), qui passe par une dizaine stations.

Chaque jour, cette semaine, le Télégramme publiera une image de ce qu’a pu observer sur Lucky Strike la caméra grand fond Tempo, mise au point par Ifremer.www.ifremer.fr/momarsat2010/

Vincent Durupt



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