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Ouest-France / Pays de la Loire / Saint-Gilles-Croix-de-Vie Ce que le Vendée Globe apportera aux chercheurs

Dernière mise à jour le mardi 18 octobre 2011

Article paru sur le site "Ouest-France" - Samedi 15 Octobre 2011
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Ce que le Vendée Globe apportera aux chercheurs

En parallèle de la course, trois voiliers seront équipés de mini-laboratoires. Ils transmettront des données sur le climat. Très précieux pour la Science, confirme une spécialiste.

Entretien

Fabienne Gaillard. Océanographe physicienne, à l’Ifremer de Brest. Coordinatrice de la mission Océano scientific.

Des bateaux de course équipés de mini-laboratoires. Quel intérêt pour les scientifiques ?

La multitude d’informations contribue à la fiabilité de nos recherches. Là, on aura des mesures régulières, dans des régions peu explorées, et selon un protocole précis. Elles compléteront, notamment, celles des navires de recherches et de commerce. Sur des trajets différents, et avec une meilleure qualité.

Des données nous sont également transmises par deux nouveaux satellites. Mais ils ont encore besoin d’apprendre, d’être calibrés, cela nécessite donc des mesures parallèles.

En quoi ces informations permettront-elles d’en savoir plus sur l’évolution du climat ?

L’idée, c’est de voir comment la mer évolue. De comprendre comment ça fonctionne. Chaque mois, nous établissons des cartes présentant l’état de l’océan, son évolution. En mesurant la salinité, par exemple, on peut comprendre les échanges avec l’atmosphère. Quand il pleut, il y a plus d’eau douce.

Même chose quand la glace fond. Dans le Grand-Sud, c’est très intéressant parce que les échanges entre l’océan et l’atmosphère sont très intenses.

Côté température, on constate, d’une année sur l’autre, d’énormes variations. On observe également un réchauffement moyen, très clair.

Est-on sûr de la fiabilité du système mis au point ?

C’est l’un des intérêts de ce projet. La fiabilité est un souci constant pour les scientifiques : rien ne nous faire perdre plus de temps qu’une mauvaise donnée ! Il y a d’abord le choix du matériel, son entretien. Sailing one a travaillé longtemps sur la solution technique. Il a aussi fallu prévoir le mode de transmission, le format des informations, etc.

Ensuite, dans les premiers temps, les données seront contrôlées. Des échantillons d’eau seront régulièrement prélevés par les navigateurs. Au retour, ces « témoins » permettront de vérifier la cohérence des résultats.

Les scientifiques doivent-ils compter sur des programmes privés pour avancer ?

La Science a des moyens financiers et humains limités ! Elle fait ce que personne ne peut faire à sa place : ce qui requiert un matériel coûteux et des compétences très pointues. Utiliser des supports hors du champ scientifique n’est pas nouveau, cela se fait déjà en météo, par exemple. Concernant le climat, il nous faut beaucoup de données, dont certaines s’obtiennent avec des appareils simples : logique d’y faire appel ! Mais à ce jour, aucun réseau d’observation global n’est assuré d’un financement à long terme.

À terme, aucune garantie sur la pérennité de ce genre de projet... Pourtant, la Science a besoin de données sur des dizaines d’années, non ?

Ce qui compte, c’est de mettre au point un système fiable. Il pourra s’adapter à différents types de bateaux. Où, quand ? Pour nous, cela ne change pas beaucoup.

À terme, on peut imaginer une utilisation dans diverses courses, ou sur des bateaux de grande plaisance, par exemple.

Recueilli par Matthieu MARIN



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