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PYRENEES-ORIENTALES Mesure des crues et des tempêtes : l’université de Perpignan en pointe

Dernière mise à jour le jeudi 31 mars 2011

Article paru sur le site "L’Indépendant" - Dimanche 27 Mars 2011
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PYRENEES-ORIENTALES Mesure des crues et des tempêtes : l’université de Perpignan en pointe

Une équipe de chercheurs - sept sont Perpignanais - dans le cadre d’une mission lancée par l’IFrEMER viennent de rentrer après quatre semaines en mer. A mesurer, à utiliser capteurs et planeurs. Ils ont essuyé une forte tempête. Du pain bénit pour ces chercheurs de l’extrême.

Masos ? Allons donc. Quand un avis de tempête est annoncé, l’équipe de chercheurs du Cefrem (le Centre de formation et de recherche sur les environnements méditerranéens) de l’université de Perpignan fait le métier, se régale et en redemande. Xavier Durieux de Madron est directeur de recherche d’un centre lié au CNRS, qui collabore sans relâche avec le centre Arago de Banuyls- sur-Mer. Il a été l’initiateur, début mars, d’une mission durant quatre semaines en mer de La Seyne à Port-Vendres qui n’a pas eu seulement à faire face aux fortes turbulences des fonds marins que l’on observe en Méditerranée grâce à des sondes, des planeurs, des capteurs. Il est aussi intéressé par l’impact des changements climatiques sur les éco-systèmes marins. A peine rentré, il explique son rôle de superviseur : « On connaît trop peu ces changements climatiques. Les contaminants sont aussi mystérieux, comme l’impact des températures des eaux sur les espèces des poissons. On a beaucoup sondé, mesuré. C’est une campagne que l’on a préparée depuis quatre ans. 30 chercheurs dont 7 de Perpignan et autant de marins ont pris la mer et un bateau de l’Ifremer qui s’est arrêté à Port-Vendres, le 11 mars, dernier. »

« Un hiver très doux humide et inattendu »

Les changements climatiques sont aussi dans son viseur. La Terre se réchauffe, c’est une évidence. « C’est un phénomène que l’on observe sur le long terme, raconte le chercheur. En Languedoc-Roussillon, les températures en hiver comme en été ont grimpé de trois degrés en 40 ans. Les gens ont à peine ressenti cette hausse. On a eu cette saison un hiver doux et humide, c’est inattendu. En milieu marin, on est aussi confronté à de fortes fluctuations. Ce qui nous intéresse ce sont les événements extrêmes. »

« On élargit nos recherches »

François Bourrin est enseignant- chercheur comme Xavier de Madron à l’université de Perpignan. Il travaille dans la sédimentologie marine et dans l’océanographie côtière et physique. Lui aussi était en mission. Comme son acolyte, il est accro des planeurs sous-marins, des engins sans propulsion, autonomes qui permettent d’intégrer des capteurs physiques afin de mesurer la température des fonds marins et leur pression.
L’objectif est aussi de mesurer les matières en suspension. « Au niveau côtier, l’important est de voir l’impact des crues et des tempêtes glisse le chercheur. On faisait jusqu’ici des mesures à point fixe. Aujourd’hui, on élargit nos recherches sur le plateau, sur le golfe du Lion. En face de Perpignan, c’est une zone à courants intenses qui est intéressante pour nos recherches. On ne fait pas de prévisions, on les laisse à Météo France avec qui on collabore. » Sa priorité est d’effectuer des mesures à temps réel et de travailler aussi avec des modélisateurs. « On est des hommes de terrain répète à l’envi François Bourrin. L’université forme des océanographes, des géologues, des gens de terrain. On peut aussi regarder les avancées du sable au pas. Dire que la mer prend le pas sur les plages, c’est aller un peu vite en besogne. Au Racou, la mer arrive vite sur la côte. A Canet, ce n’est pas le cas. En labo, on travaille plus sur le large. »

« Une tempête tous les cinq ans »

En face de Canet, les chercheurs ont installé une sonde qui mesure l’importance des sédiments, leur rôle dans les crues. « Il n’y a pas d’apports significatifs, explique François Bourrin. Tout part vers les canyons. Il n’y a pas de stockage dans la région. L’impact des apports sur l’écosystème fait aussi partie de nos études. On commence aussi à mieux maîtriser l’impact des tempêtes sur le plateau. » « On était parti pour travailler sur un autre phénomène au large et pas sur une tempête que l’on a essuyée, il y a quinze jours. On avait pour mission de mesurer l’impact des vents dominants, la tramontane, le mistral, des vents froids, au large du golfe du Lion. La tempête, c’est du pain bénit, c’est la thématique de notre labo. C’est une tempête que l’on trouve tous les cinq ans. »
Ce n’est pas forcément cyclique. Avec une houle de 6-7 m, le Languedoc-Roussillon qui a connu aussi de fortes crues cet hiver est dans l’œil du cyclone. On évite surtout de parler de tsunami. Ferait-il peur à nos chercheurs ?

Daniel Jaco



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