Cookie Consent by PrivacyPolicies.com

Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Pêche. Les marins, grands oubliés de la réforme

Pêche. Les marins, grands oubliés de la réforme

Dernière mise à jour le lundi 8 août 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Jeudi 21 Juillet 2011
Visualiser l’article original



Pêche. Les marins, grands oubliés de la réforme

« L’homme, le marin, est le grand oublié de la réforme de la Politique commune des pêches (PCP) concoctée par Bruxelles », déplorent les professionnels réunis, hier, à Paris, pour une séance d’explication de texte.

« Mais où est passé le volet social ? La réforme repose soi-disant sur trois piliers, l’économique, l’environnemental et le social », s’interroge Pierre-Georges Dachicourt, président du Comité national des pêches maritimes (CNPM). « Il n’y a rien sur les hommes, rien sur le social ! Tout est mis sur l’environnement », déplore-t-il, avec ses troupes.

« Casser du bateau »
« Que fait-on des pêcheurs, de leurs familles, des régions qui vivent de la pêche ? Que fait-on des pêcheurs quand leur bateau sera à quai pour cause de quota atteint, ce qui ira vite si l’on comptabilise les rejets et qu’on les déduit des quotas ! », s’insurge Sylvie Roux de la CFDT.
Selon les professionnels, le but de la réforme est clair : il s’agit de casser du bateau, de libéraliser la pêche européenne. Les QIT, les quotas individuels transférables qui vont créer une sorte de marché des quotas, sont plus que jamais au coeur des débats. La Commission l’appelle Concession de pêche transférable. « Tout ça, c’est la même chose ! », estime le président du CNPM.

« La fin de la pêche »
Les QIT, c’est l’outil choisi par Bruxelles pour gérer la surcapacité de la flotte. Le but recherché : réduire de 30 % à 40 % l’effort de pêche et par conséquent de 30 % à 40 % la flotte. La Commission ne veut plus payer de plans de casse (pas plus la construction ou la modernisation de bateaux). Un pêcheur qui a des problèmes vendra ses quotas et sortira de flotte. « Le QIT, c’est la fin de la pêche. C’est la fin des OP. Chacun pourra faire sa petite gestion dans son coin, sans passer par les OP », souligne André Le Berre, président du Comité régional des Pêches de Bretagne.
Autre crainte : pour acheter des quotas, pas besoin d’être producteur. N’importe qui pourra en acheter. Pourquoi pas une ONG qui pourra geler des quotas, ou encore une grosse fédération de plaisanciers ?

« Double peine »
Autre souci : l’entrée des jeunes dans la profession. « C’est la double peine : non seulement, il leur faudra acheter un bateau très cher, mais ils devront en plus acquérir des quotas ! », s’insurge Pierre-Georges Dachicourt. Les explications de texte vont pouvoir redémarrer dès la rentrée. La Commission viendra faire une présentation officielle de la réforme à Paris le 20 septembre, « venir nous expliquer l’infaisable » commente le président du CNPM.

Catherine Magueur



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP