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Pêche. « Les scientifiques sont des facilitateurs »

Dernière mise à jour le mardi 29 juin 2010

Le Télégramme.com - Vendredi 25 Juin 2010



Pêche. « Les scientifiques sont des facilitateurs »

L’exploitation durable de la ressource est l’avenir de la pêche. AlainBiseau, scientifique d’Ifremer, responsable des expertises halieutiques, est venu le rappeler aux professionnels réunis samedi, à Lorient.

Vous êtes membre de la commission sur les poissons de grands fonds. Ses conclusions devaient être rendues en avril. Où en sont vos travaux ?
La mission a commencé en août2009, sous la présidence de Louis le Pensec. Elle a été reprise en octobre avec Philippe Boennec et Marine-HélèneAubert. On a auditionné un certain nombre de personnes. Des spécialistes des poissons de grands fonds, de la légine australe, des juristes, des chargés de gestion, des membres de la commission européenne, ou de la FAO, des scientifiques. Ça donne un large panorama de la question. Un pré-rapport a été écrit. Il fait actuellement l’objet de discussions. Le choix des mots est très important. Notre prochaine réunion est le 9juillet.

La dernière ?
C’est le souhait de tout le monde.

Est-il possible pour cette troïka pêcheurs-scientifiques-ONG de travailler main dans la main ?
Sur les poissons de grands fonds, on est dans un vrai partenariat pêcheurs-scientifiques. Ça semble plus difficile entre certains pêcheurs et certaines ONG, au sein desquelles, il y a une grande variété de points de vue. La position du scientifique est plus mesurée. Ce qui caractérise le scientifique, c’est le doute. L’absence de certitude absolue. La stratégie de certaines ONG, c’est la captation de l’attention médiatique. Les scientifiques parlent de surexploitation d’un stock de poisson. Les ONG parlent d’extinction. Or, pour l’instant, il n’y a pas d’exemple d’extinction d’espèces marines.

Les scientifiques peuvent-ils endosser le rôle d’autorité morale ? Ou de courroie de transmission ?
Autorité morale ? Je n’aime pas ce mot, car on pense qu’on détient la vérité. On peut être des ?facilitateurs ?. Il ne faut pas se voiler la face. Les ONG sont extrémistes car il y a eu des abus de la part des pêcheurs dans le passé. Donc, elles vont loin. J’espère qu’on va retrouver un équilibre du balancier. La pêche est aujourd’hui plus responsable qu’il y a 20 ans. Il n’y a pas si longtemps c’était la course à la production. Ce qui doit aujourd’hui intéresser le pêcheur c’est d’avoir une bonne paie et non un gros cul de chalut. La réglementation a beaucoup évolué et incite les pêcheurs à être plus raisonnables. On le voit récemment avec le thon et depuis plus longtemps avec la langoustine.

La langoustine est très abondante actuellement. Pourquoi ?
Début des années 2000, on a constaté une baisse de la biomasse sur les langoustines. Il y a eu des affrontements forts entre pêcheurs et scientifiques. Au fil des années, le nombre des bateaux a baissé, on a amélioré les pratiques, fait des efforts sur la sélectivité. Il y a aussi des facteurs environnementaux qui font qu’aujourd’hui la langoustine est abondante. Pourtant la sélectivité des langoustines reste un sujet fort. Il y a plus de 50% de rejet, même si une partie, rejetée à la mer, survit. En matière de sélectivité sur la langoustine, on en est aux balbutiements. C’est mieux que ça n’a été, mais il y a encore des étapes à franchir.

Reccueilli par Sophie Paitier



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