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Pêche à pied. Les élus de la Petite mer de Gâvres (56) résistent

Dernière mise à jour le mardi 2 novembre 2010

Article paru sur le site "Le Télégramme.com" - Samedi 23 Octobre 2010
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Pêche à pied. Les élus de la Petite mer de Gâvres (56) résistent

Pas de réglementation pour les plaisanciers et un tir à boulet rouge sur les professionnels. Les maires de la Petite mer de Gâvres jettent un pavé dans la mare. Ça chauffe sur l’estran !

Les écharpes tricolores sont de sortie en Petite mer de Gâvres ! Sur cet estran décidément très prisé, on n’est pas près de mettre le nez dans la godaille des pêcheurs plaisanciers. Cette fois, ce n’est pas Alain Malardé, perché sur une estrade comme dimanche dernier à Riantec qui le dit, mais les maires des quatre communes (Riantec, Plouhinec, Port-Louis et Gâvres) qui signent, avec une belle unanimité, un courrier adressé, hier, au directeur de la Délégation à la mer et au littoral de Lorient.

En plein débat sur un projet de réglementation porté par la filière professionnelle, les élus révoquent d’un trait de plume toute idée d’interdiction. Qu’on réfléchisse « à une pêche équilibrée et respectueuse », d’accord, disent-ils en substance. Mais, selon eux, pas question de faire porter le chapeau d’une atteinte possible de la ressource « sur ceux qui, dans le respect des lois entre amis et en famille, fréquentent la Petite mer depuis des générations ».

Chacun est libre d’aller à la côte. La loi est d’ailleurs de leur côté, disent-ils. « Cette situation (d’interdiction) serait contraire à la loi de janvier1986 relative à la protection du littoral ». Les amateurs ne pouvaient rêver plus belle profession de foi !

« La faute aux professionnels »

S’il y a « raréfaction de la biodiversité », les élus suggèrent d’aller regarder de plus près les sacs des pêcheurs à pied professionnels. Ce sont eux les responsables. Ils le disent sans coup férir : « La ressource des coques est de plus en plus exploitée depuis 2008 par les professionnels et par la diminution du maillage à 27mm au lieu de 30 ».

Leur solution ? Renforcer les contrôles des professionnels, accusés, par ailleurs, avec l’embauche d’un garde-juré, de vouloir mettre l’estran en coupe réglée. Impensable en Petite mer où on considère que « le projet de réglementation n’est pas abouti ». Circulez, y’a rien à voir ! Le président du comité local des pêches de Lorient appréciera.

Une réglementation en 2011

Du côté de l’administration (Délégation à la mer et au littoral) à Lorient, où l’on rappelle que le classement du gisement de la Petite mer en 2004 repose sur des données scientifiques de l’Ifremer, Jean-Luc Veille, l’administrateur en chef, ne cache pas son embarras. « On a rencontré les élus. Le message n’est pas encore bien passé. Mais on reste ouvert sur les modalités d’application ».

Car la réglementation se mettra en place dès 2011. Avec ou sans le consentement des élus. Il en va de la protection d’un gisement naturel de coques, trop souvent victime de prélèvements abusifs. « On n’interdira jamais aux gens d’aller pêcher, surtout s’ils respectent les règles. Mais il faudra respecter des temps de fermeture pour une espèce (les coques principalement) ».

Un discours que les élus ne sont pas prêts à entendre. Leur déclaration risque d’ailleurs de raviver les tensions entre professionnels et plaisanciers. Surtout en Petite mer qui a aussi la particularité d’abriter une association de plaisanciers aux aguets. Ça chauffe !

Régis Nescop



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