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Pêche au requin, épisode 2

Dernière mise à jour le mercredi 19 octobre 2011

Article paru sur le site "Clicanoo.re" - Mardi 18 Octobre 2011
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Pêche au requin, épisode 2

Démarrage aujourd’hui de l’opération de marquage de requins au large de Saint-Gilles. Pendant quatre mois, des scientifiques vont traquer les squales pour analyser leur comportement. Une étape préparatoire avant deux ans d’études plus poussées. Présentation du dispositif.

- Quatre mois de marquage. Après les “prélèvements”, place au marquage. Il n’est plus question d’éliminer les prédateurs qui rôdent près des côtes mais de les identifier pour les étudier. Depuis ce matin, deux bateaux sillonnent la zone de Boucan Canot et de Roches-Noires pour procéder à des marquages de requins tigre et bouledogue, responsables supposés des dernières attaques. C’est la première opération d’une campagne de 26 pêches programmées d’ici quatre mois, au rythme de deux par semaine (lundi et jeudi, en fonction des conditions météo), dans une zone allant de Trois-Bassins à la Rivière des Galets. La coordination logistique de cette opération a été confiée à l’association Squal’idées et à l’Institut de recherche sur le développement (IRD). Durant les marquages, baignade, activités nautiques et mouillage de toute embarcation seront interdits dans un rayon de 0,5 kilomètre.

DE LA BOUCLE À LA BALISE

- Comment va-t-on procéder ? Un bateau de pêche (celui du professionnel Thierry Gazzo, désigné au terme d’un appel d’offres) capture l’animal à l’aide d’une épingle accrochée à deux bouées. Un second bateau, celui des scientifiques, accoste le requin, l’immobilise à l’eau, sur le dos, entre 15 et 30 minutes. On lui implante alors une boucle sur l’aileron dorsal (système du rototag) ou on lui injecte une balise acoustique reliée à une station d’écoute permettant d’enregistrer les déplacements de l’animal ; cette deuxième option étant réservée en priorité à la capture de gros spécimens. Dans les prochains mois, les scientifiques pourraient aussi avoir recours à un système de balise accrochée entre les rayons de l’aileron, qui, une fois remontée à la surface, envoie des données par satellite. Échaudé par l’expérience des prélèvements (seulement une prise), l’État ne s’avance cette fois sur aucun objectif quantitatif. En revanche, si un squale marqué est capturé à plusieurs reprises au même endroit, les autorités n’excluent pas de l’éliminer définitivement. “À titre sécuritaire”, dixit le sous-préfet.
- En attendant le projet Charc. Ces marquages préparatoires préfigurent une étude scientifique au long cours sur l’habitat et l’écologie des requins côtiers de la Réunion. Le projet “Charc” sera là encore piloté par l’IRD et Squal’idées, en partenariat avec d’autres organismes compétents dans le domaine maritime (Ifremer, Arda, Ecomar, Arvam, Kélonia, etc). “Les marquages vont nous permettre de connaître les caractéristiques de la population des requins côtiers (âge, sexe, taille), puis d’analyser leurs comportements en fonction d’une série de données environnementales (turbidité de l’eau, salinité, profondeur, fréquence et heures d’apparition)”, explique Marc Soria, ingénieur chercheur à l’IRD. Autres volets du projet : améliorer “la connaissance bibliographique” sur les mesures de protection et en savoir plus sur la génétique des requins.

COMME EN AFRIQUE DU SUD

- Ce que les autorités attendent des études ? Parvenir à déterminer “une cartographie du risque requin”, connaître les périodes et les zones les plus favorables à une attaque. Antonin Blaison, spécialiste du comportement de l’animal, a été recruté par Squal’idées. Il explique que ces opérations de marquage ont déjà été expérimentées avec succès à Mossel Bay, l’une des baies les plus fréquentées d’Afrique du Sud, “permettant aux surfeurs de cohabiter en sécurité avec le grand requin blanc”.
- Combien ça coûte ? L’État a pour l’heure débloqué une enveloppe de 60 000 euros (subvention à Squal’idées, rémunération du pêcheur mobilisé), plus une provision de 140 000 euros pour l’achat du matériel (une cinquantaine de stations d’écoutes et de balises acoustiques déployées sur la côte ouest). À terme, le projet Charc nécessitera “des opérations lourdes et coûteuses”, souligne le sous-préfet Thomas Campeaux. Environ 500 000 euros selon les premières estimations. La Région participera au financement

Vincent Boyer



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