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Plancton. Le « Mollo » traduit en russe

Dernière mise à jour le mardi 22 février 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Mercredi 16 Février 2011
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Plancton. Le « Mollo » traduit en russe

Perspectives ukrainiennes et russes pour « L’enjeu plancton », coécrit par le biologiste quimpérois Pierre Mollo. Le livre va être traduit en russe à l’initiative d’un chercheur ukrainien. Cette bonne nouvelle a une histoire...

Ça me touche beaucoup ! Valentin et moi suivons la même démarche : sensibiliser le public aux vertus écologiques et alimentaires du plancton », commente Pierre Mollo. Émoustillé et ému. Valentin, pour Valentin Kholodov, chercheur à l’Institut de biologie des mers du Sud (IBSS), à Sébastopol, sur les rives de la mer Noire. L’un des plus vieux et réputés laboratoires de biologiemarine au monde, avec celuide Concarneau. Parenthèse : PierreMollo a d’ailleurs souvent fait le lien entre les deux. Le biologiste ukrainien a convaincu son conseil scientifique de lancer une série de livres éducatifs sur l’écosystème marin. Elle s’adresse d’abord aux professionnels de la mer mais aussi à un public plus large.

Un coup de téléphone

L’ouvrage nº1 de la série sera la version russe du passionnant « L’enjeu plancton, l’écologie de l’invisible », publié en 2009 par Maëlle Thomas-Bourgneuf et Pierre Mollo aux Éditions Charles Léopold Mayer. Pour faciliter la tâche, auteurs et éditeur en ont cédé gratuitement les droits. Il faut lire là, l’une des traductions concrètes de vingt ans de complicité scientifique, de partages de vues sur le monde de la mer et la solidarité humaine, entre le Breton Pierre Mollo et l’Ukrainien Valentin Kholodov. « Je me souviens d’un coup de téléphone au Cempama (devenu l’Agro-campus de Beg-Meil, où il était enseignant-chercheur) vers la fin des années 1980 », raconte Pierre Mollo. Avant même l’implosion de l’URSS donc. « Au bout du fil, Valentin, intéressé, en particulier par la culture des moules en mer Noire. Nous les avons aidés à former des mytiliculteurs, à monter une écloserie, à résoudre certains problèmes techniques, comme détresser des cordages sur le port de Sébastopol pour en faire des capteurs de moules », sourit le biologiste à la retraite. « Surtout, l’équipe de Valentin était composée de très bons chercheurs, mais ils n’avaient aucune idée de ce qu’était un prix de revient. Ils envisageaient quinze personnes pour produire 100t de moules, contre deux chez nous », rapporte Pierre Mollo.

Moules salvatrices

« Il faut imaginer que la culture des moules a aussi permis à ces chercheurs de survivre, lorsque leurs crédits ont été coupés avec l’effondrement de l’empire soviétique, qu’ils sont passés de 600à 300 chercheurs et qu’ils ne touchaient plus de salaire au milieu des années quatre-vingt-dix. Aujourd’hui, ils produisent près de 1.000 tonnes ». Même schéma adopté, au tournant du siècle, au profit de la culture de phytoplancton et d’huîtres en mer Noire. « N’y voyez pas des échanges à sens unique, insiste Pierre Mollo. Un exemple : ils nous ont permis de faire face à un petit gastéropode invasif, le Rapana, qui menaçait certains élevages. Eux l’étudiaient depuis longtemps. » Pierre et Valentin ne se sont pas vus depuis cinq à six ans. L’édition de « L’enjeu plancton » en russe devrait favoriser leurs retrouvailles en Crimée. En attendant, l’insatiable biologiste breton file vers d’autres rives. Celles du lac Tchad, en Afrique. Il va étudier, pour la Fondation Charles Léopold Mayer, les moyens de cultiver la spiruline, une algue microscopique riche en protéines, vitamines, oligo-éléments et Oméga 3. Là aussi pour nourrir les hommes.

Bruno Salaün



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