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Plongée sous le Pôle

Dernière mise à jour le mardi 1er mars 2011

Article paru sur le site "France-Info" - Samedi 26 Février 2011
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Plongée sous le Pôle

Lorsqu’il a accompagné Jean-Louis Etienne sur l’une des ses expéditions au Pôle Nord, Sylvain Bardout a tout de suite été attiré par ce qu’il y avait sous la banquise. C’est là qu’est née l’idée de marcher sous le Pôle. Autrement dit explorer la face cachée de l’Océan Arctique

Après deux ans de préparation, début mars 2010, Sylvain Bardout et ses sept équipiers, plus le chien Kayak, se font déposer près du pôle. Ils sont à 800 kilomètres de la côte canadienne. Chacun tire son traineau avec matériel et ravitaillement. Par -40°C, ils sont d’abord comme anesthésiés par le froid. A cette température, tout est long et compliqué. La banquise n’est pas plate comme une autoroute asphaltée. Il faut franchir les crêtes de compression, passer les bras d’eau libre de plus en plus nombreux au fur et à mesure que l’on descend vers le sud. La progression est lente : six kilomètres en six heures, sans compter la dérive qui peut vous faire reculer comme si vous marchiez sur un tapis roulant. Il faut prévoir une heure pour faire fondre la neige et obtenir de l’eau. Deux heures de brossage quotidien pour enlever le givre de la respiration et de la transpiration.

Et il faut plonger pour aller voir à quoi ressemble cet univers inconnu sous la glace. Ce n’est pas une mince affaire. Avant d’enfiler la combinaison en néoprène, il faut d’abord la réchauffer au décapeur thermique pour l’assouplir. L’eau est à -1° environ mais, le spectacle est époustouflant. Sylvain Bardout en a encore plein les yeux…

"C’est un univers que l’œil humain n’a pas l’habitude de voir, qui est complètement recouvert de cristaux. La visibilité dans l’eau, à la sortie de la nuit polaire, est exceptionnelle, c’est la meilleure du monde. On peut voir à deux cents mètres dans l’eau s’il y a de la lumière ! On y trouve une vie dans les cristaux ou dans les courants marins. Juste en dessous ou au contact de la glace, dans les couches d’eau plus profondes. Et l’observation de ces animaux dans un monde de glace en trois dimensions… c’est complètement féérique ! On avait vraiment l’impression parfois d’être sur une autre planète avec cette jouissance d’avoir l’œil de l’explorateur qui découvre un monde."

Sylvain Bardout et ses amis ont dû écourter l’expédition parce que la glace devenait trop fragile pour les porter jusqu’à la terre et aussi pour supporter l’avion qui viendrait les chercher. Sur les 800 kilomètres prévus, ils n’en n’ont parcouru que 170. Aujourd’hui, ils ont le sentiment d’avoir été les témoins de la fin d’un monde.

Régis PICART



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