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Quand la mer monte... l’inquiétude ronge

Dernière mise à jour le mardi 8 mars 2011

Article paru sur le site "La Voix du Nord" - Vendredi 04 Mars 2011
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Quand la mer monte... l’inquiétude ronge

Depuis deux mois, la situation est critique en baie d’Authie. En plus de la naturelle érosion du cordon dunaire causée par le vent et la mer, la rivière, l’Authie, qui a changé de chenal, est venue ronger cette digue naturelle. Les habitants de Berck et environs sont inquiets. D’autant plus que les 21 et 22 mars, des grandes marées sont annoncées.

Le site est l’un des plus beaux de la région. Une baie naturelle, entre Berck et Fort-Mahon. Un coude de plusieurs kilomètres. À marée basse, on peut s’y balader en longeant le cordon dunaire, tout en devinant au loin la mer. Voire les phoques. Une petite colonie y vit.

En ce mercredi de vacances, sous le soleil, les gamins s’amusent à descendre les dunes en luge. Les marcheurs et joggeurs prennent l’air.

Et le long des dunes, sur la plage, coule une rivière, l’Authie. Elle sort des terres un peu plus au sud et trace sa route le long de la côte avant de se jeter dans la mer. Longtemps, son chemin était plus court. Elle se jetait plus directement dans la Manche. Mais des sédiments poussés vers le nord ont constitué un banc de sable qui lui a coupé la route, l’obligeant à contourner en longeant la côte. De plus en plus près. Beaucoup trop près, même, depuis trois mois. Elle rogne par endroits des dunes déjà touchées par l’érosion causée par le vent et la mer. En effet, à marée haute, mer et rivière se confondent et ensemble viennent buter sur les dunes. Plusieurs dizaines de mètres ont été gagnés par l’eau. Les sapins qui trônaient au sommet de la dune sont partis avec elle. Ils sont couchés, déracinés. Impressionnant.

Et inquiétant. Depuis janvier, une association s’est même constituée. Une pétition a été signée par près de 7 000 personnes. Quelque 500 habitants se sont rassemblés dimanche pour une marche de protestation. Ou plutôt de revendication. Ils demandent que l’on agisse pour endiguer ce phénomène.

Car ils ont peur. Peur que la mer passe par-dessus le cordon dunaire et avec elle la rivière. « La mer, elle monte et redescend. Mais si l’Authie traverse, elle fera son lit dans les terres », s’alarme Daniel Moitel, président de l’association de défense contre la mer en baie d’Authie. D’autant que derrière, c’est une cuvette. Berck-Plage est un peu surélevé, mais pas Berck, ni les villages de Groffliers ou de Verton, entre autres. Quelque 20 000 habitants pourraient être menacés.

Et l’inquiétude est d’autant plus grande que les 21 et 22 mars sont annoncées les grandes marées, avec des coefficients de 118, exceptionnel. « Si on a une mer d’huile et pas de vent, ça ira, mais avec un vent de sud-ouest et de la houle... », se soucie Claude Vilcot, maire de Groffliers et chargé à la communauté de communes Opale Sud de la défense contre la mer. « S’il y a un gros coup de vent, je prends ma voiture et je vais une paire d’heures à Montreuil », assure Pierrot, vieux pêcheur berckois qui en a pourtant vu d’autres.

Digue interdite

« La chance, il ne faut pas trop jouer avec », résume Claude Vilcot. Alors les élus locaux, soutenus et poussés par les riverains, ont décidé d’une solution en urgence pour les grandes marées. Combler les brèches dans les dunes aux points les plus critiques, avec du sable venu par camions de Berck. Une solution précaire qui, selon Daniel Moitel, ne résistera pas « si on a une Xynthia ». Mais qui a déjà été bien difficile à obtenir. « C’est un vrai challenge, on n’a pas encore commencé. Il nous faut plusieurs autorisations administratives, il a fallu faire analyser le sable de Berck pour savoir si c’est le même sédiment... »

Un vrai casse-tête, selon Claude Vilcot. Qui présente aussi ses solutions à moyen voire long terme. Pas question de construire une digue. Plus autorisé depuis le Grenelle de la mer. Mais plutôt draguer le banc de sable de manière à repousser le chenal de l’Authie.

Pour ce faire, les élus, M. Vilcot, ainsi que les maires de Berck, et aussi du Touquet - lemême phénomène touche également la Canche, sans qu’un tel point critique n’ait été pour l’instant atteint - rendent visite le 8 mars à la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet. Ils espèrent être intégrés au plan digue (lire ci-contre) pour avoir les moyens de renforcer le cordon dunaire. Tandis qu’ils comptent sur l’Europe pour obtenir les financements d’un dragage. Voire l’achat d’une drague qui pourrait aussi servir, régulièrement, sur la Canche. En attendant, dans le secteur de Berck, les habitants ne peuvent s’en remettre qu’au ciel pour qu’une tempête ne leur tombe pas sur la tête. Et dans les bottes.



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