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Virus tueur d’huîtres : le remède bientôt dévoilé

Dernière mise à jour le mardi 18 octobre 2011

Article paru sur le site "Midi Libre" - Dimanche 16 Octobre 2011
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Virus tueur d’huîtres : le remède bientôt dévoilé

PATRICE CASTAN

C’était comme un cadeau de Noël. Et le père Noël, c’était Yves Piétrasanta, président de Génération Écologie mais aussi de la communauté de communes du nord du bassin de Thau. L’élu, ingénieur chimiste, annonçait début janvier qu’il était possible de mettre fin à l’action de l’ostreid herpes virus qui sévit sur tous les bassins d’élevage de la planète. Un virus mortel pour les huîtres, qui fait perdre jusqu’à 9 millions d’euros par an à la filière ostréicole sur le seul étang de Thau (9 % de la production nationale) ! Dix mois plus tard, les jeunes huîtres meurent toujours et un climat de défiance rarement observé règne en bord de lagune. Car l’annonce d’Yves Piétrasanta a suscité autant d’espoirs que les modalités d’accès au “secret” ont généré de colère.

Dans les semaines suivant son intervention, les professionnels découvraient en effet que les inventeurs du “remède”, restés anonymes, se faisaient représenter par le cabinet de consulting Ernst & Young et qu’il faudrait débourser quelques millions d’euros - on parle de 5 M€ - pour accéder au secret. Le bon sens des paysans de la lagune parlait alors : personne ne payerait pour voir.

Tous les regards se tournaient vers les frères Cambon

Malgré une clause de confidentialité et la grande prudence des avocats d’Ernst & Young, quelques informations filtraient. Non sur la solution mais sur les inventeurs : tous les regards se tournaient vers les frères Cambon, à Mèze, déjà à l’origine d’un procédé de collage : des indélicats plongeaient même dans leurs “tables” (les parcs conchylicoles, NDLR), l’espionnite battait son plein. Mais côté solution : rien.

L’affaire a resurgi il y a quelques jours, quand la demande de brevet d’invention n°10 517 24, déposée au mois de mars, a été rendue publique par l’Institut national de la propriété industrielle. On y découvre le nom des inventeurs, Philippe et Christophe Cambon, mais aussi une solution faisant appel au pouvoir filtrant des moules qui laisse conchyliculteurs et scientifiques sceptiques. "Entourer les cordes d’huîtres de cordes de moules pour voir si ces dernières peuvent fixer le virus, ça se fait déjà, et ça ne marche pas", confiait-on dernièrement au Comité régional conchylicole, où l’on estime que "la montagne - le secret jalousement gardé - a accouché d’une souris".

Fabrice Pernet, spécialiste de la physiologie des bivalves à Ifremer, est plus mesuré. Au printemps, période durant laquelle le virus est le plus virulent, lui et ses collègues ont immergé 22 000 huîtres sur une centaine de points de l’étang de Thau. "Et globalement, ces huîtres sentinelles sont mortes partout de la même façon. On a seulement remarqué que celles qui avaient été immergées à proximité de cordes de moules étaient mortes deux jours plus tard. Miser sur les moules était une bonne idée.

Mais s’il y a bien un effet bénéfique, il est insuffisant pour sauver les huîtres du virus." Un scepticisme que l’inventeur, Philippe Cambon, joint hier, balaye d’un revers de main. Assurant que "tout n’est pas dans le brevet. Nous révélerons bientôt le petit plus qui donne toute son efficacité au procédé".



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